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TÉMOIGNAGE
Clément DUMON,
association ZICOMATIC

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INELYS SOLIDAIRE soutient l’association ZICOMATIC, engagée depuis 20 ans pour lutter contre l’isolement des personnes en situation de handicap grâce à la culture. Ce partenariat se concrétise notamment autour du Cozi Café, un café inclusif unique en son genre, et du festival solidaire En Scène, organisé chaque année à Chambéry, avec des artistes tels que Jérémy Frérot ou encore Boulevard des Airs.

Clément DUMON, fondateur de l’association, revient sur les actions menées, les enjeux de l’inclusion et l’importance de vivre ces expériences ensemble.

Comment avez-vous connu le fonds de dotation INELYS SOLIDAIRE ? 

C'est Céline, qui travaille avec nous, qui l'a identifié en faisant de la veille. À ce moment-là, j'allais chanter dans une structure médico-sociale à Lyon, donc on a pris rendez-vous et j'ai présenté l'association à July BAILLY (Directrice Générale INELYS SOLIDAIRE).

Qu'est-ce qui vous a donnée envie de travailler avec INELYS SOLIDAIRE ? 

Il y a le côté humain qui m'a marqué. J'y suis allé au départ sans aucune arrière-pensée, simplement pour présenter l'association et voir s'il pouvait y avoir des choses à construire ensemble. 

Notre association a une forte vocation humaine : sensibiliser et proposer des projets culturels à des personnes en situation de handicap. Dans les échanges, j’ai senti que l’équipe était embarquée. Je pense qu’on partage le même ADN : bienveillance, envie de faire du bien, et surtout de pouvoir s’impliquer concrètement.

Donner de l’argent, c’est important, on en a besoin. Mais ce qui est vraiment chouette, c’est aussi de pouvoir vivre les choses et les partager. Par exemple, l’équipe avait sa table sur le festival. On est aussi en train d’organiser une journée solidaire en juin au Cozi Café avec les équipes de Poisy. D’ailleurs, des équipes de Lyon peuvent tout à fait venir aussi.

Parce que ce café, il est où exactement ? 

Il est en Savoie, à côté de Chambéry à Saint-Alban-Leysse. C’est un vrai café, un projet assez fou.

Vous pouvez nous parler un peu de votre association ?

ZICOMATIC est une association qui fête ses 20 ans cette année. On a trois salariés et beaucoup de bénévoles.

L’objet (un peu ambitieux) c’est de lutter contre l’isolement des personnes en situation de handicap, tous âges confondus, même jusqu’en EHPAD, grâce à la culture.

Concrètement, on intervient dans environ 200 structures médico-sociales de la région : Rhône, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Ain… On fait entrer la culture dans ces lieux, notamment à travers la musique.

À côté de ça, on permet aussi à ces personnes d’accéder à la culture dite “de droit commun”. Ce n’est pas si simple, parce que tout n’est pas accessible selon les handicaps, mais on y travaille. On offre par exemple des places de concert, notamment pour Musilac, ou encore des baptêmes d’avion pour les fratries, les aidants et les personnes concernées.

On fait tout ça toute l’année. L’an dernier, on a financé un peu plus de 120 000 € de projets.

Vous organisez aussi un festival inclusif, c'est ça ?

Oui. C’est un festival solidaire et inclusif, au Phare de Chambéry, qui est une grosse salle.

Il est inclusif parce qu’on fait monter sur scène des personnes en situation de handicap, sur une scène professionnelle, pour ouvrir la soirée : elles chantent, elles dansent. Ensuite, on accueille une tête d’affiche : l’an dernier, c’était Jérémy Frérot, et cette année ce sera Boulevard des Airs.

Le concert est entièrement chansigné : il y a des interprètes en langue des signes pendant trois à quatre heures. Tout est pensé pour être accessible : plus de places pour les fauteuils (70 au lieu de 16), présence des aidants (sans jamais séparer les familles d’ailleurs), gilets vibrants pour les personnes sourdes ou malentendantes…

C’est un festival archi handi-bienveillant, qui nous permet aussi de lever des fonds pour financer nos projets.

Crédit photo : Caroline MOUREAUX

Je ne connaissais pas du tout ce type d'évènement, c'est super intéressant.

Oui, et on le renouvelle cette année pour les 20 ans. On accueille Boulevard des Airs, un groupe très festif et familial, complètement dans notre ADN. Ils ont par exemple fait la chanson « Allez, reste » avec Vianney.

L’idée, c’est que les gens viennent voir une tête d’affiche, avec des prix accessibles (25 € la place, même pour Jérémy Frérot l’an dernier) mais qu’ils soient sensibilisés au handicap en vivant l’expérience.

On propose aussi des places à 12 € pour les moins de 12 ans, pour permettre un accès à la culture pas trop cher pour les familles.

Et toute la semaine du festival, on intervient dans les structures les plus empêchées : maisons d’accueil spécialisées, EHPAD… Là où les personnes ne pourront pas venir au festival. On y fait intervenir des artistes, on fait de la sensibilisation. C’est un concentré de ce qu’on fait toute l’année, mais encore plus ciblé.

Directement auprès d'eux finalement.

Exactement. Toute l’année on le fait déjà, mais là on se concentre vraiment sur des publics très empêchés qui ne viendront pas au festival, parce que trop de bruit, parce que trop handicapés, parce que trop âgés, parce que pas d'accompagnement, etc.

J'imagine que vous faites aussi d'autres choses à côté ?

Oui, ce n’est pas en partenariat avec INELYS mais c’est intéressant de le savoir, on fait beaucoup de sensibilisation dans les écoles.

On rencontre environ 5 000 enfants par an, bénévolement, avec une conférence-concert. Je le fais aussi en entreprise. D’ailleurs, l’équipe INELYS était intéressée il me semble.

C’est une conférence d’une heure et demie, qui se termine par un concert autour du handicap, avec des reprises. On a aussi une exposition photo avec des portraits grand format (2 mètres) de personnes en situation de handicap, qui circule dans toute la France.

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Et puis il y a ce fameux projet qu’INELYS soutient, qui est un café culturel inclusif : le Cozi Café. C’est un café associatif comme il y en a des milliers en France, mais il est unique parce qu’il est très handi-bienveillant.

On a environ 60 % de personnes en situation de handicap, venant de structures médico-sociales de toute la région. Et à côté, des habitants, des entreprises, des personnes isolées, âgées… Certains deviennent même bénévoles.

On propose environ 130 ateliers par an, soit trois à quatre par semaine.

C'est quel genre d'ateliers que vous organisez ?

Tout ce qui touche à la culture, avec une vraie exigence de qualité.

Par exemple, cet après-midi, on crée des vases en peinture façon Van Gogh. On fait aussi de la sophrologie, du yoga, des concerts, du kamishibaï, de la médiation animale… On travaille avec pas mal d’intervenants.

C’est très varié, mais toujours avec l’idée de bien faire.

C'est super varié !

Oui, et surtout accessible. Les personnes adhèrent pour 10 € à l’année, et ensuite on leur ouvre l’accès aux activités. L’idée, c’est vraiment de faciliter les choses financièrement.

Et surtout de permettre la rencontre.

C'est plus accessible pour eux finalement.

Exactement. Et plus accessible pour tout le monde aussi.

Par exemple, pendant les vacances scolaires, certains foyers ferment. Les familles se retrouvent avec des enfants en situation de handicap à la maison. Elles peuvent venir au café, participer à un atelier, sans se sentir jugées.

Chez nous, les gens sont comme ils sont. Personne ne regarde, chacun s’adapte. Et ça crée aussi de la sensibilisation pour les autres publics.

Les personnes en situation de handicap participent aussi à la vie du lieu : service, ménage, vaisselle… C’est un vrai projet d’inclusion.

Malheureusement, votre grande activité montre qu'il y a beaucoup de besoins...

Oui, clairement. Et c’est dommage qu’il y en ait autant.

On est de plus en plus sollicités par des structures médico-sociales, parce que les budgets publics diminuent. Et la culture n’est pas toujours prioritaire, alors qu’on sait qu’elle joue énormément sur le bien-être et le soin.

On le voit aussi en EHPAD : je fais environ 60 concerts par an. Je joue en guitare-voix pour les personnes qui peuvent venir, mais je vais aussi dans les unités protégées, et même dans les chambres pour les personnes alitées. Je passe dans les couloirs… et ça crée des moments très forts.

Vous m'avez parlé d'une journée solidaire à organiser en juin, ce sera au Cozi Café c'est ça ?

Oui, au Cozi Café. L’idée, c’est de venir passer une journée avec nous.

Le mardi matin, par exemple, des personnes en situation de handicap viennent nous aider, avec leur tablier, un peu comme au Café Joyeux : service, ménage… Ensuite, il y a un atelier.

L’idée, c’est vraiment de partager un moment et de vivre les choses ensemble. Et surtout de voir qu’on a plus de ressemblances que de différences.

Elle est forte, cette phrase.

Oui, et elle est importante pour nous.

La culture permet ça. Et pour moi, la musique est l’outil le plus puissant pour montrer nos ressemblances.

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on partage quelque chose.

Très beau, très inspirant. Grâce au partenariat vous avez fait le festival, avez-vous des chiffres concrets à nous partager ?

Oui. On dépend beaucoup des entreprises, parce qu’on a très peu de subventions publiques (environ 20 % du budget).

Alors en termes de chiffres, sur le festival :

  • 1 900 personnes présentes (on a affiché complet)

  • environ 70 personnes en fauteuil

  • des espaces adaptés (assis, sans escaliers…) pour différents profils

  • 70 bénévoles, avec et sans handicap

  • près de 70 000 € de bénéfices

 

On avait aussi cinq gilets vibrants. C’est encore rare, mais très utile pour les personnes sourdes, autistes, ou même en EHPAD pour canaliser.

Petite anecdote : une personne atteinte d’Alzheimer devait absolument être assise… et finalement, elle est restée trois heures debout à danser. C’était génial.

Vous vouliez peut-être ajouter quelque chose, faire passer un message ?

Merci. Ce type de partenariat, on en a vraiment besoin. Vous avez cette valeur qu’est le partage, et c’est vraiment chouette.

Ce qui est beau, c’est cette envie de partager et de vivre les choses ensemble. Le handicap, on peut en parler pendant des heures, mais le vivre, c’est différent.

Je dis souvent que Zicomatic, c’est comme un restaurant : tant qu’on n’y a pas goûté, c’est difficile d’en parler.

Aujourd’hui, c’est important de revenir à l’essentiel, de se faire du bien en faisant du bien aux autres.

Vous avez des évènements à venir que nous pouvons relayer ?

On en a tout le temps, mais on cherche aussi des partenaires.

En mai, on finance 120 baptêmes d’avion pour des familles, des fratries et des aidants. L’idée, c’est d’inverser ls choses : passer de « à cause du handicap de mon frère je ne peux pas faire ça » à « grâce au handicap de mon frère je peux faire ça ».

On organise aussi une soirée en boîte de nuit à Chambéry, le 27 mai 2026, avec 150 à 200 personnes en situation de handicap. On privatise le Cube avec un DJ, ça va être sympa 

Pour les 20 ans de l'asso, en plus de tout ce que vous faites (ce qui est déjà énorme), vous avez prévu quelque chose de particulier ?

On se lance le défi de refaire un festival, malgré un coût global important (environ 80 000 € pour l’ensemble de l’événement). Comme je vous l’ai dit, nous accueillerons notamment le groupe Boulevard des Airs, avec l’idée de proposer une programmation attractive pour mobiliser largement, lever des fonds supplémentaires et générer des bénéfices afin de financer nos projets.
Ce qui est rigolo, c’est que l’anniversaire de l’association est le 6 novembre, et que le festival aura lieu le lendemain. Ce sera un peu notre façon de célébrer ces 20 ans !

Merci d'avoir pris le temps !

Crédit photo : Sylvie CHAREUN

Avec plaisir, merci beaucoup c'est trop cool !

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Quand on m'a proposé le rôle de Vice-Présidente, je n'ai pas hésité une seconde. La démarche est animée de valeurs fortes que je partage profondément. Je veux utiliser la chance que j'ai aujourd'hui d'être valide et là où je suis pour aider à mon tour. 

Nous sommes nos actes.

July BAILLY, Directrice Générale INELYS SOLIDAIRE et fiscaliste chez INELYS

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